Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


vendredi 26 mai 2017

vidéo: Etienne Ollion, présente Métier : député. Enquête sur la professionnalisation de la politique en France (co-écrit avec Julien Boelaert et Sébastien Michon)


vidéo: Etienne Ollion, présente Métier : député. Enquête sur la professionnalisation de la politique en France (co-écrit avec Julien Boelaert et Sébastien Michon)
Aux Ressources par Laura Raim, 20.05.2017

Julien Boelaert, Sébastien Michon, Etienne Ollion
Métier : député
Enquête sur la professionnalisation de la politique en France
Raisons d'Agir
Raisons d'agir
2017

Présentation de l'éditeur
De Nuit debout au Tea Party étatsunien, de Donald Trump à Emmanuel Macron, la dénonciation de l’establishment est devenue un thème récurrent de la politique contemporaine. À droite comme à gauche, aux marges comme au centre, la critique d’un « système » qui monopoliserait le pouvoir est omniprésente.
À partir d’une enquête originale menée à l’Assemblée nationale, ce livre dresse un tableau inédit de la politique française. Celle-ci est profondément marquée par le phénomène de professionnalisation des élus, toujours plus nombreux à avoir été des salariés de la politique, depuis leur plus jeune âge et au point d’y réaliser toute leur carrière. Il faut désormais avoir passé un temps bien plus long – deux fois plus comparé aux années 1970 –, avant de pouvoir espérer parvenir aux responsabilités nationales. Constat sans appel de ces transformations, ce livre met en lumière leurs conséquences sur la politique contemporaine comme sur la démocratie.
Julien Boelaert est docteur en économie. Ses travaux ont pour objet la sociologie politique du travail au parlement (Parlement européen, Assemblée nationale), la réflexion méthodologique sur la place et l'opportunité des données numériques et de l'apprentissage statistique (machine learning) dans les sciences sociales, sur l'économétrie et la consommation des ménages. 
Sébastien Michon est chargé de recherche au CNRS (SAGE, Université de Strasbourg). Ses travaux portent sur le personnel politique français et européen. 
Étienne Ollion est chargé de recherche au CNRS (SAGE, Université de Strasbourg). Il est spécialiste de sociologie de l’État.



jeudi 25 mai 2017

écouter: Antoine Vauchez et Pierre France, Sphère publique, intérêts privés. Enquête sur un grand brouillage


écouter: Antoine Vauchez et Pierre France, Sphère publique, intérêts privés. Enquête sur un grand brouillage
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 20.05.2017

Pierre France
Antoine Vauchez
Sphère publique, intérêts privés
Enquête sur un grand brouillage
Presses de Sciences Po
Académique
2017

Présentation de l'éditeur
Une ministre de l'Économie, ancienne avocate internationale, qui recourt à l’arbitrage privé pour régler le différend de l’État avec Bernard Tapie ; six anciens secrétaires généraux (et adjoints) de l’Élysée qui rejoignent les grands cabinets du barreau d’affaires parisien ; des armadas d’avocats appelés au chevet de l’État pour sécuriser un partenariat public-privé ou pour assurer l’entrée en bourse du groupe Areva, etc.
Si la frontière entre le public et le privé n’a jamais relevé de la ligne claire, le brouillage a pris récemment une ampleur nouvelle. Sous l’effet d’un tournant néolibéral qui a érigé l’État régulateur en acteur clé du gouvernement des marchés privés, une zone de contiguïté et d’échanges sans précédent s’est créée.
Figure récente en pleine ascension, l’avocat d’affaires incarne mieux que tout autre ce nouveau mélange des genres. En suivant le rôle qu’il a acquis aux confins de l’État et du marché, les auteurs de cette passionnante enquête explorent les contours de cette zone grise à la périphérie des institutions politiques et administratives : comment elle est née, comment elle a progressivement prospéré et ce qu’il nous en coûte aujourd’hui, politiquement et démocratiquement.
Pierre France est doctorant en science politique à l'Université Pairs 1 Sorbonne
Antoine Vauchez est directeur de recherche au CNRS au Centre Européen de sociologie et de science politique (Université Paris 1 Sorbonne - Ehess). Il est notamment l'auteur de l'Union par le droit. Linvention d'un programme institutionnel pour l'Europe (Presses de Sciences Po, 2013) et de Démocratiser l'Europe ("La république des idées, Seuil, 2014  

mercredi 24 mai 2017

écouter: Michel Offerlé présente Patrons en France


écouter: Michel Offerlé présente Patrons en France
La Grande table (2ème partie) par Olivia Gesbert, le 16.05.2017
 
Sous la direction de Michel Offerlé 
Patrons en France 
La Découverte
2017


Présentation de l'éditeur
« Chef d’entreprise vous ne pouvez pas expliquer ce que vous faites, parce que c’est un monde à part »
« Créer quelque chose, créer une entreprise, c’est déjà lutter contre la peur »
« Les hommes politiques n’ont pas l’ombre d’une idée de savoir comment une société conduit sa stratégie »
« C’est vrai qu’on ne peut pas se comparer aux gens de là-haut, les parachutes, les machins, les trucs »
« L’idée, c’est pas d’être millionnaire, c’est de se faire plaisir et de faire tourner une boîte et qu’on s’en tire et qu’on en vive agréablement »
« J’ai une certaine satisfaction, enfin c’est un peu idiot mais je fais vivre treize personnes »
« Je veux gagner de l’argent ! Moi j’ai pas le temps. Je suis comme ça ! Je suis un homme pressé, très pressé ! »
Qu’ils soient grands, très grands, petits ou moyens, qu’ils travaillent dans le bâtiment, l’industrie, le commerce ou les services, les patrons sont au centre de cet ouvrage, produit d’une enquête collective menée par des chercheurs confi rmés et par de jeunes sociologues, sur ce métier beaucoup plus fantasmé, vilipendé ou héroïsé que véritablement connu.
À partir de trente-six entretiens largement reproduits et commentés, il s’agit de comprendre qui sont les patrons en France, quelle place ils occupent dans la société française, quelle vision ils en ont. Il s’agit de réfléchir sur les différences qui traversent les mondes patronaux et sur ce qui les unit puisque, spontanément, la catégorie « patrons » et « patronat » fait sens – même si ce sens est ambigu.
Ce livre est le premier portrait de groupe précis et coloré qui permet, au travers de ces multiples histoires de vie, de comprendre de manière vivante et approfondie qui sont les patrons en France.
Avec des contributions de: Stéphane Beaud, Lise Bernard, Chloé Biaggi, Laurane Bouron, Emmanuelle Carinos, Emmanuel Cayre, Olivia Chambard, Mickaël Ciccotelli, Brianne Dubois, Ambre Dousselin, Timothée Erard, Julien Fretel, Caroline Frau, Cédric Hugrée, Anne Jourdain, Sarah Kolopp, Thomas Lépinay, Cécile Lesavre, Sophie Louey, Caroline Mazaud, Samina Mesgarzadeh, Anne Monier, Yohann Morival, Angelo Moro, Renata Mustafina, Elias Nosrati, Michel Offerlé, Marion Rabier, Sabine Rozier et Gaëlle Troadec
Michel Offerlé, professeur à l’ENS, est notamment l'auteur de Sociologie des organisations patronales, La Découverte, 2009, et Les Patrons des patrons. Histoire du Medef, Odile Jacob, 2013.

mardi 23 mai 2017

Jean-Claude Chamboredon, Émile Durkheim. Le social, objet de science Du moral au politique ?

Jean-Claude Chamboredon
Émile Durkheim
Le social, objet de science
Du moral au politique ?
Préface de Dominique Schnapper 
Rue d'Ulm
Sciences sociales
2017

Présentation de l'éditeur
Dans ce grand article paru en 1984, Jean-Claude Chamboredon livre la meilleure synthèse des débats qui se sont fait jour sur les liens entre la vie et l’œuvre d'Émile Durkheim. Il permet de comprendre comment la sociologie française fut la science républicaine par excellence – c'est-à-dire aussi ce que doit la France à une tradition intellectuelle juive sécularisée. 

Jean-Claude CHAMBOREDON est né en 1938. Normalien littéraire, il s’est formé à la sociologie aux côtés de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, avec lesquels il a coécrit Le Métier de sociologue (1968). Pivot de la première équipe de chercheurs réunis autour de Bourdieu, il a enseigné à l’ENS jusqu’en 1988 avant de rejoindre Passeron à l’EHESS. Il a publié un grand nombre d’articles qui ont fait date sur divers sujets : culture adolescente, cités HLM, délinquance juvénile, petite enfance, mondes ruraux, chasse, création artistique, système scolaire, histoire du durkheimisme... Il a aussi contribué, en tant que traducteur, préfacier ou critique d’ouvrages, à introduire en France des auteurs étrangers de premier plan tels que Basil Bernstein, Howard Becker, Edward Thompson et Raymond Williams. Fondateur du Laboratoire de sciences sociales de l’ENS, il y a formé plusieurs générations de sociologues. Un recueil de ses textes sur Jeunesse et classes sociales a été republié en 2015 chez le même éditeur. 

Dominique SCHNAPPER a été membre du Centre de sociologie européenne de 1963 à1968 et directrice d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Parmi la vingtaine de ses ouvrages, citons, parus chez Gallimard, La Communauté des citoyens (1994), La Relation à l’autre (1998), La démocratie providentielle (2002), L’Esprit démocratique des lois (2014) et Une sociologue au conseil constitutionnel (2010). Ils portent sur les transformations du lien national et politique dans les sociétés démocratiques qui recherchent l’égalité de tous et le bien-être de chacun de leurs membres. 

lundi 22 mai 2017

Norbert Elias, Les Allemands. Lutte de pouvoir et développement de l'habitus aux XIXe et XXe siècles

 
Norbert Elias
Les Allemands
Lutte de pouvoir et développement de l'habitus aux XIXe et XXe siècles
Précédé de 
Barbarie et "dé-civilisation"
par Roger Chartier
Seuil
  La Librairie du XXIe siècle
2017 

Présentation de l'éditeur
Traduit de l’allemand par Marc de Launay et Marc Joly
Ce livre est le dernier dont Norbert Elias a autorisé et contrôlé la publication avant sa mort, le 1er août 1990 à Amsterdam. Il tentait d'y comprendre l'incompréhensible : pourquoi tant d'Allemands, dans les années 1930 et 1940, ont-ils accepté l'extermination des Juifs et perpétré les plus effroyables cruautés ?
(...)
Elias refuse, à la fois, de l'assigner à un invariant psychologique – la propension sadique de certains individus – ou à un antisémitisme atemporel qui serait le propre de la tradition allemande. L'essentiel réside dans les conditions historiques qui ont rendu possible, dans l'Allemagne des années 1930 et 1940, le processus de "dé-civilisation", la levée des autocontrôles qui bridaient les affects de violence, ainsi que l'obéissance, jusqu'au dernier jour, aux maîtres nazis. Exercer une autorité arbitraire, absolue sur des victime haïes et stigmatisées, niées en leur humanité, était pour nombre d'Allemands une manière d'affirmer leur propre identité et de rendre tolérable leur soumission à l'autorité.
C'est là le constat essentiel de ce livre sombre, lucide et poignant.

Roger Chartier

Norbert Elias (1897-1990) a notamment publié aux Éditions du Seuil, dans "La Librairie du XXIe siècle", Mozart. Sociologie d'un génie (1991 ; "Points Essais", 2015) et Théorie des symboles (2015).



samedi 20 mai 2017

Publications de Pierre Bourdieu: à propos de Thomas Bernhard


"Entreprendre de penser l'Etat, c'est s'exposer à reprendre à son compte une pensée d'Etat, à appliquer à l'Etat des catégories de pensée produites et garanties par l'Etat, donc à méconnaître la vérité la plus fondamentale de l'Etat1. Cette affirmation, qui peut paraître à la fois abstraite et péremptoire, s'imposera plus naturellement si, au terme de la démonstration, on accepte de revenir à ce point de départ, mais armé de la connaissance d'un des pouvoirs majeurs de l'Etat, celui de produire et d'imposer (notamment par l'école) les catégories de pensée que nous appliquons spontanément à toute chose du monde, et à l'Etat lui-même. 
 Mais, pour donner une première traduction plus intuitive de cette analyse, et faire sentir le danger que nous courons toujours d'être pensés par un Etat que nous croyons penser, je voudrais citer un passage des Maîtres anciens de Thomas Bernhard : "L'école est l'école de l'Etat, où l'on fait des jeunes gens les créatures de l'Etat, c'est-à-dire rien d'autre que des suppôts de l'Etat. Quand j'entrais dans l'école, j'entrais dans l'Etat, et comme l'Etat détruit les êtres, j'entrais dans l'établissement de destruction des êtres. (...) L'Etat m'a fait entrer en lui de force, comme d'ailleurs tous les autres, et m'a rendu docile à lui, l'Etat, et a fait de moi un homme étatisé, un homme réglementé et enregistré et dressé et diplômé, et perverti et déprimé, comme tous les autres. Quand nous voyons des hommes, nous ne voyons que des hommes étatisés, des serviteurs de l'Etat, qui, durant toute leur vie servent l'Etat et, dès lors, durant toute leur vie servent la contre-nature"2. 
La rhétorique très particulière de Thomas Bernhard, celle de l'excès, de l'hyperbole dans l'anathème, convient bien à mon intention d'appliquer une sorte de doute hyperbolique à l'Etat et à la pensée d'Etat. On ne doute jamais trop, quand il s'agit de l'Etat. Mais l'exagération littéraire risque toujours de s'anéantir elle- même en se déréalisant par son excès même. Et pourtant, il faut prendre au sérieux ce que dit Thomas Bernhard : pour se donner quelque chance de penser un Etat qui se pense encore à travers ceux qui s'efforcent de le penser (tels Hegel ou Durkheim par exemple), il faut tâcher à mettre en question tous les présupposés et toutes les préconstructions qui sont inscrits dans la réalité qu'il s'agit d'analyser et clans la pensée même des analystes.
1 - Ce texte est la transcription, partielle et corrigée, d'une conférence donnée à Amsterdam le 29 juin 1991. 
2 - T. Bernhard, Maîtres anciens (Alie Meister Komödie), Paris, Gallimard, 1988, p. 34. "
Pierre Bourdieu, in Esprits d'Etat. Genèse et structure du champ bureaucratique, Actes de la recherche en sciences sociales, 1993, Numéro 96-97, pp. 49-62, aussi in Raisons pratiques, Seuil, 1994, Points Essais, 1996


Publications de Pierre Bourdieu 
à propos de Thomas Bernhard




(Cette liste de publications sera mise à jour au fur et à  mesure,  Gilbert Quélennec)
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Extrait de l'émission  Le bon plaisir de Pierre Bourdieu , par Pascale Casanova, 23/6/90
Avec la participation de Jacques Derrida, Jérôme Lindon, Georges Duby, Tassadit Yacine, Pierre Encrevé, Loïc Wacquant, Haruhisa Kato et Denis Podalydès.

Esprits d'Etat. Genèse et structure du champ bureaucratique, Actes de la recherche en sciences sociales, 1993, Numéro 96-97, pp. 49-62, aussi in Raisons pratiques, Seuil, 1994, Points Essais, 1996

Raisons pratiques. Sur la théorie de l'action, Seuil, 1994, Points Essais, 1996, p.101-102

Méditations pascaliennes, Seuil, Liber, 1997, Points Essais, 2003, p.10

Sur l'Etat. Cours au Collège de France, 1989-1992, Raisons d'agir/Seuil, 2012, Cours & Travaux, p.339, 528, 578

Manet. Une révolution symbolique. Cours au Collège de France, 1998-2000, Raisons d'agir/Seuil, Cours & Travaux, 2013, p.180 





--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 
 
voir également:  

Pierre Bourdieu:" j'ai dit quelque part que j'avais deux modèles conscients: Proust et Flaubert." 

Publications de Pierre Bourdieu: à propos de Virginia Woolf  


Publications de Pierre Bourdieu: à propos de Kafka

Publications de Pierre Bourdieu: à propos de William Faulkner 

Publications de Pierre Bourdieu: Le champ littéraire, Le champ artistique et Le champ de la critique

Publications de Pierre Bourdieu: autour de la revue Liber- Revue européenne des livres (Revue internationale des livres à partir de 1994)

Interventions de Pierre Bourdieu: avec le Parlement International des Ecrivains 

Publications de Pierre Bourdieu: autour du livre Les règles de l'art

Publications de Pierre Bourdieu: autour de la Domination masculine

Publications de Pierre Bourdieu: sociologie de la culture, du cinéma, de la photographie, de la littérature, de l'art, de la musique
 


 



vendredi 19 mai 2017

Regards sur l’édition dans le monde arabe, Sous la direction de Charif Majdalani et Franck Mermier

Regards sur l’édition dans le monde arabe
Sous la direction de Charif Majdalani et Franck Mermier
Karthala
Hommes et société
2016

Présentation de l'éditeur
Cet ouvrage jette les bases d’une réflexion sur l’histoire récente de l’édition et de la lecture dans les pays arabes, du Liban à l’Égypte, en passant par l’Irak, les pays du Golfe et le Yémen, avec une incursion au Maroc. Les contours des champs éditoriaux sont souvent différents d’un pays à l’autre, liés à l’ancienneté des traditions (au Liban ou en Égypte, par exemple) ou à leur caractère extrêmement récent (dans les pays du Golfe), mais aussi au développement économique accéléré par endroits (toujours dans les pays du Golfe) ou ralenti à cause des crises politiques et des guerres (Irak, Syrie, Yémen, Libye).
Plusieurs contributions traitent ainsi du développement de l’édition dans ces différents contextes, d’autres abordent la question des pratiques de lecture, particulièrement au Liban, en Syrie et en Jordanie. Si les problèmes de distribution et la vigilance d’une censure sourcilleuse sont des entraves à l’édition et à la diffusion, le livre conserve cependant  une forte valeur symbolique, à la fois comme vecteur de subversion et comme enjeu de politiques culturelles.
Dans le domaine du livre arabe, les études transnationales s’imposent du fait de l’existence d’un marché du livre panarabe et de l’importance commerciale des foires du livre organisées dans les capitales arabes. Il faut ainsi relever le rôle de certains pays de la péninsule arabique dans la promotion de la littérature arabe ou le développement de programmes de traduction. La profusion littéraire actuelle, notamment dans le domaine du roman, et l’irruption de nouveaux acteurs dans les mondes de l’édition, attachés à diffuser une pensée critique et novatrice, sont deux notes d’espoir dans ce temps d’incertitude qui caractérise la région arabe.

Charif Majdalani est professeur à l’université Saint-Joseph de Beyrouth, romancier et président de la Maison Internationale des Écrivains à Beyrouth. Il est l’auteur d’Histoire de la grande maison (Seuil, 2005), Caravansérail (Seuil, 2007), Nos si brèves années de gloire (Seuil, 2012) et Villa des femmes (Seuil, 2015).
Franck Mermier, anthropologue, ancien directeur du Centre français d’études yéménites (Sanaa) et du département scientifique des études contemporaines à l’Institut français du Proche-Orient (Beyrouth), est actuellement directeur de recherche au CNRS, Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain. Il a notamment publié Le livre et la ville. Beyrouth et l’édition arabe (Actes Sud, 2005) et a dirigé avec Sabrina Mervin l’ouvrage Leaders et partisans au Liban (Karthala, 2012).